La technique d'André Leclerc

 
Pour la réalisation de ses tableaux, André Leclerc se sert de la toile de lin assez épaisse et bien tissée. Avant de l'utiliser, il la lave pour enlever les produits industriels dont la toile est enduite pour la rendre plus raide. La toile séchée, il la fixe sur un châssis de bonne qualité et y applique deux couches de colle de peau de lapin. Les colles de bonne qualité sont difficiles à trouver, mais indispensables pour un bon travail.
 
Cette première phase terminée, la toile doit être bien tendue, sans relâchement. Finalement, elle est encore enduite d'une préparation spéciale que chaque peintre compose selon sa propre recette. André Leclerc utilise trois pigments d'ocre rouge, du minium - un tétroxyde de plomb - et du blanc de plomb qu'il ne trouve qu'en Italie ou, plus rarement, à Paris. Après l'application de la première couche de la préparation, il peut être necessaire de poncer légèrement.
 
Finalement, la couleur de la toile se situe entre l'ocre et l'orangé, donc dans une valeur moyenne plutôt sombre. André Leclerc ne peint jamais sur des arrière-plans blancs, vu que, l'oeuvre terminée, les fonds se laissent parfois deviner en transparence.
 
Avant d'entamer un nouveau tableau, André Leclerc réalise des dessins préparatoires, un travail incontournable quand on crée des tableaux si complexes que ceux de l'artiste-peintre de Montpellier qui, par principe, ne travaille jamais d'après photo. Il peint gras sur maigre à l'huile de noix ou à l'huile de lin. Lorsque les couleurs sont bien sêches, il y applique encore un vernis brillant et transparent à base de résine tendre.
 
L'habitude de peindre sur des fonds sombres se trouve déjà chez de grands peintres anciens, par exemple chez Nicolas Poussin. André Leclerc explique que, jusqu'à présent, les fonds sombres lui fournissent un résultat qui lui convient. Toutefois, "j'explorerai sûrement d'autres couleurs de fond car, dans le domaine de l'art de peindre, la recherche est incessante."